Le grand écart médiatique : quand les ondes sont tantôt inoffensives, tantôt suspectes
Imaginez deux journalistes qui lisent exactement le même rapport scientifique. L’un conclut : Circulez, il n’y a rien à voir. L’autre titre : Attention, on remet tout sur la table.
Bienvenue dans le monde fascinant de l’interprétation médiatique des données sur les ondes.
La formule magique qui dit tout et son contraire
Des deux côtés de l’Atlantique, les agences sanitaires tiennent le même discours :
Pas de lien clair prouvé entre téléphone portable et cancer. Toutefois, il faut poursuivre les recherches sur les expositions de longue durée et les nouvelles technologies.
En clair : on ne peut ni prouver le danger, ni garantir l’innocuité totale. Le dossier reste scientifiquement ouvert.
Cette prudence devrait inviter à la vigilance. Sauf que cette même phrase va justifier deux histoires radicalement opposées.
En France : l’expert qui médicalise le doute
Dans son article Électrohypersensibles, vers la fin d’une “épidémie de croyances”, Le Point reprend cette base officielle pour tirer une conclusion radicalement différente. Le titre annonce la couleur : si on parle d’épidémie de croyances, c’est que les inquiétudes autour des ondes relèveraient surtout d’un phénomène psychologique et médiatique, promis à disparaître à mesure que la science aurait parlé.
Le papier s’appuie sur un prétendu expert qui décrit l’électrohypersensibilité comme une construction de croyances, et présente les rapports de l’Anses comme si ceux‑ci « confirmaient » l’innocuité des ondes au‑delà de tout doute raisonnable, notamment en matière de cancers.
Les nuances des avis de l’agence – absence de preuve solide, mais incertitudes persistantes, besoin de poursuivre les travaux, réévaluation envisagée des limites d’exposition – sont largement gommées au profit d’un récit : les peurs étaient exagérées, l’histoire est finie.
Aux États‑Unis : la même prudence, mais en marche arrière
De l’autre côté de l’Atlantique, le discours officiel était lui aussi prudent : pas assez d’informations pour conclure. Mais cette prudence avait été largement transformée en circulez, il n’y a rien à voir. La FDA elle-même affirmait sur son site qu’en 30 ans de recherche, aucun lien n’avait été établi entre portables et problèmes de santé.
Sous l’impulsion de Robert F. Kennedy Jr., devenu Ministre de la Santé, son département (HHS) a fait retirer du site de la FDA des pages un peu trop rassurantes !
Le porte‑parole du HHS explique que ces pages ont été supprimées parce qu’elles présentaient des conclusions anciennes et qu’un nouveau programme d’étude sur les rayonnements électromagnétiques et la santé est lancé pour identifier les lacunes de connaissances, y compris pour les nouvelles technologies.
Autrement dit, le message officiel devient : ce que l’on pensait suffisant pour conclure hier ne l’est plus tout à fait aujourd’hui, au point de justifier de réouvrir le dossier et de remiser les déclarations trop rassurantes.
Pour The Daily Beast, cette décision ne passe pas inaperçue : le journal y voit même un geste politique et symbolique fort, qui prépare soit une tentative de révision des normes, soit au minimum une remise en cause de la communication triomphaliste de la FDA sur l’innocuité des portables.
Le même constat de base (pas de preuve de danger avéré, mais des incertitudes et un besoin de nouvelles études) est interprété non pas comme la clôture du débat, mais comme les prémices d’un changement de cap.
Quand le cadrage change tout
Comment expliquer deux attitudes si opposées face aux mêmes données ? La réponse tient en un mot : le cadrage.
La science dit la même chose des deux côtés : pas de certitude sur les dangers, pas de garantie d’innocuité, nécessité de poursuivre les recherches. Mais le récit change du tout au tout. En France, « épidémie de croyances » et dossier clos. Aux États-Unis, retrait des pages rassurantes et nouveau programme d’études.
Les médias ne rapportent donc pas seulement les faits, ils les mettent en scène. Et c’est ce cadrage qui influence votre perception du risque.
Comment se faire sa propre opinion ?
Première étape : aller aux sources primaires. Lire les rapports complets des agences (Anses, FDA) et consulter la littérature scientifique sur emf-portal.org, qui recense près de 50 000 publications.
Mais 50 000 études sans mode d’emploi, c’est l’assurance de se noyer dans l’information. Savoir décrypter ces travaux et utiliser les bons mots-clés, ça s’apprend.
Des webinaires pour vous outiller
Pour vous aider à décrypter les études scientifiques et à vous forger votre propre opinion sur les champs électromagnétiques et la santé, je vous propose un premier webinaire mensuel sous forme de questions/réponses durant la première semaine de février.
Au programme : les notions clés de compatibilité électromagnétique (champs électrique et magnétique, fréquence, modulation, puissance, résonance…), comment naviguer efficacement dans les 50 000 publications d’emf-portal.org, et comment décrypter les rapports des agences sanitaires sans vous faire manipuler par les interprétations médiatiques.
Avant de fixer la date définitive, j’ai besoin de votre avis :
Quel jour et quelle heure vous arrangeraient le plus ?
- Mardi soir 19h30-20h30 ?
- Mercredi soir 19h30-20h30 ?
- Jeudi soir 19h30-20h30 ?
- Dimanche soir 20h00-21h00 ?
- Autre proposition ?
Dites-le moi en commentaire ou par email afin que je puisse choisir le créneau qui convient au plus grand nombre.
Si la demande est forte, j’inviterai également des chercheurs ou médecins pour approfondir les aspects biologiques et sanitaires.
Un replay sera disponible pour ceux qui ne peuvent pas être présents, mais seuls les participants en direct pourront poser leurs questions et interagir durant la session.
ZeroWaveZone : pour une information claire et sourcée sur les ondes électromagnétiques
