La pollution électromagnétique (HF) évaluée en continu dans 3 villes françaises

La mesure du jour s’intéresse au nouveau service proposé par l’Agence Nationale des fréquences qui publie, en temps réel, les mesures de champ électromagnétique dans 3 villes françaises (en Décembre 2020).

Rappelons que l’ANFR a pour mission de surveiller les niveaux d’exposition du public aux ondes électromagnétiques (voir le rapport annuel 2019). Dans ce but et en lien avec les mairies de Marseille, de Nantes et maintenant de Paris, l’ANFR a installé des capteurs autonomes dans les centre-villes à proximité des antennes 5G. L’exposition aux ondes est mesurée toutes les 3 heures pour toutes les bandes de fréquences allant de 80 MHz à 6 GHz. Les capteurs enregistrent les ondes de la radio FM, la TNT, les réseaux de communications privées, taxi ou police, les bandes ISM et notamment la bande 2,4GHz (WiFi, Bluetooth,…) ainsi que toutes les bandes de la téléphonie mobile 2G, 3G et 4G y compris les nouvelles fréquences de la 5G situées dans la bande des 3,4-3,8 GHz.

Regardons cela de plus près… et affichons les résultats des mesures sur tout le mois de Novembre 2020 dans les trois villes couvertes.

Puis reportons les valeurs min, max et moyennes dans un tableau Excel

Que peut-on en déduire ?

  • On observe une fluctuation quotidienne, le min étant généralement observé vers 3h du matin et le max en soirée vers 21h
  • La variabilité des mesures (différence relative entre max et min) peut atteindre 450% (un facteur 4,5 !!)
  • L’écart entre la mesure max et la moyenne peut atteindre 150% (facteur 1,5)

En conclusion ?

A la lueur de ces observations qui, rappelons-le, ont été effectuées par le laboratoire agréé par l’ANFR, il conviendrait de majorer les mesures présentées sur le site cartoradio.fr (les fameuses punaises mauves sur la carte) en fonction de l’heure à laquelle a été effectuée la mesure… sachant qu’elles sont rarement (pour ne pas dire jamais) effectuées pendant le « pic d’émission » entre 21h et 23h.

En France, ce coefficient de correction n’aurait que peu d’impact sur les non conformités. Peut-être observerait-on seulement une augmentation des « points atypiques » !!! De fait, il est légitime de s’interroger une nouvelle fois sur la pertinence d’une norme aussi permissive…

Le sujet pourrait en revanche intéresser nos voisins Suisses, où l’exposition est limitée à 4 ou 6 V/m selon la fréquence. Un facteur x1.5 peut alors faire toute la différence… Par exemple, si une mesure « officielle », effectuée en journée, montre un champ de 5 V/m, elle sera considérée « conforme ». Mais si elle avait été effectuée à 22h, heure à laquelle la pollution est semble-t-il maximale, il est probable qu’elle se soit révélée « hors norme »…

Un commentaire à soumettre à l’OFCOM, l’équivalent de l’ANFR pour la Suisse ? Qu’en pensez-vous ?

#lamesuredujour #zerowavezone #episode20

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